La jalousie m'a reprise, je dois me ressaisir. En revoyant cette photo épinglée bien en évidence dans sa chambre, une tristesse subite s'est emparée de moi. Je ne sais toujours pas à qui j'en voulais, si c'était à lui, à cette désinvolture avec laquelle il laisse trainer les souvenirs de ses regrets amoureux, ou à moi, à ce niveau que je n'atteindrais pas, à ce visage qui me semble toujours aussi laid lorsque je le contemple ne serait-ce que brièvement dans le miroir qui surplombe la salle de bain, à ce caractère pleurnichard qui domine mes sentiments lorsque la plus belle des journées s'achève. J'aimerais être légère, ne pas m'arrêter sur des détails qu'il ne remarque certainement pas, mettre de côté cette manière que j'ai de tout analyser, ce cerveau qui cogite incessamment, de jour comme de nuit, et qui m'empêche même parfois de me rendormir les nuits lorsque je le remets en route le temps de regarder l'heure.
J'en ai assez de cette tendance à toujours m'apitoyer sur mon sort, à toujours me croire inférieure aux autres. Certains me rassurent, d'autres s'en fichent complètement de moi, à vrai dire je devrais n'en avoir rien à faire de ces derniers, et pourtant j'aimerais être universellement appréciée, histoire de pouvoir me dire « effectivement je ne suis pas à jeter ».
Et puis les doutes... Ils s'emparent toujours de moi lorsque tout va bien, ils ne me lâchent que lorsque je suis imbibée d'euphorie ou que j'arrive, je ne sais comment, à les refouler le temps de quelques heures, quelques jours parfois. Mais ils reviennent toujours...
Pourtant il dit qu'il m'aime, qu'il n'a jamais aimé quelqu'un autant qu'il m'aime, et ces mots je les crois, je les savoure, ils résistent au doute, et puis lorsque j'ai l'impression de me retrouver à nouveau seule, ce sont ces paroles qui m'aident à rester debout, à me dire que quelqu'un sur cette foutue planète tient à moi, me considère comme unique et importante... Et pourtant...
Si j'écris sur ce blog c'est parce que je sais que plus personne ne vient ici, ou que les rares visiteurs sont des internautes égarés et qu'ils ne prendront même pas la peine de lire les quelques lignes que je rédige d'une main glacée par le froid qui a prit possession de moi.